AprÚs la récolte du teff
Les agriculteurs Ă©thiopiens travaillent le sol Ă  l'araire
Meules de teff.
Acacias caractéristiques des basses terres plus chaudes
INJERA, plat national Ă©thiopien Ă  base de Teff.
Jeunes fruits d'Opuntia ou figues de Barbarie, "bélÚs" en Tigrinya
Les yeux de la tendresse
Que c'est bon un cĂąlin !
Enfants burkinabé
Paysage du sud Gonder
Eglise Ă©thiopienne du Tigray
Rencontre...
Marché dans le nord du Wollo
Godjo (maison ronde traditionnelle)
Dromadaires afars dans le Wollo
Eglise dans le Gojam
VoĂ»te nubienne, aux multiples intĂ©rĂȘts, dans l'extrĂȘme sud du Burkina
Procession vers l'Eglise en habits traditionnels
Paysage du Gojam
Demoiselles d'honneur Ă  GONDER
PĂȘcheur Ă  l'Ă©pervier sur le lac de HIKE (Wollo)
Tout ce qu'il faut pour un voyage agréable sur les pistes du Burkina !

L'ETHIOPIE : hier et aujourd'hui

PRESENTATION DE L’ETHIOPIE ET DE SA CAPITALE ADDIS ABEBA.

« 3 000 ans d'histoire, de traditions, de misĂšre et de gloire Â» ou « un pays aux multiples contrastes Â».

L’ETHIOPIE, RĂ©publique FĂ©dĂ©rale d’ETHIOPIE, se situe dans la Corne de l’AFRIQUE avec pour pays frontaliers, au Nord-est l’ERYTHREE, au Nord-ouest le SOUDAN, Ă  l’Ouest le SOUDAN DU SUD, au Sud-est la SOMALIE et au Sud-ouest le KENYA. L’ETHIOPIE, dont la superficie est de 1 137 000 km2, est un pays de grande diversitĂ© gĂ©ographique avec des montagnes Ă©levĂ©es et escarpĂ©es, des plateaux, des gorges profondes, des vallĂ©es profondĂ©ment creusĂ©es par des riviĂšres et des plaines accidentĂ©es. Le relief principal du pays est un plateau trĂšs Ă©levĂ© au centre, bordĂ© de plaines basses. Le point culminant de ces hauts plateaux Ă©thiopiens est le RAS DASHEN (4620 m). La proximitĂ© de l’Equateur et les grandes diffĂ©rences d’altitude crĂ©ent une grande variĂ©tĂ© de climats allant du froid continental au tropical en passant par le tempĂ©rĂ© et le sub-tropical. L’ETHIOPIE connaĂźt trois saisons : une courte saison des pluies (le « Belg ») de fĂ©vrier Ă  mai, une saison des pluies caractĂ©risĂ©e par de fortes pluies (le « Keremt ») de mi-juin Ă  Septembre et une saison sĂšche (le « Bega ») d’octobre Ă  janvier. Les tempĂ©ratures moyennes se situent entre 16 et 27°C. Le pays connaĂźt rĂ©guliĂšrement des moussons tropicales faisant de lui un chĂąteau d’eau : il donne naissance au NIL BLEU, aux fleuves du KENYA (OMO) et de la Somalie (JUDA et SHEBELLE).

paysageL’ETHIOPIE est le troisiĂšme pays africain, aprĂšs le NIGERIA et l’EGYPTE, par l’importance de sa population. Celle-ci, majoritairement rĂ©partie sur le Plateau central, est estimĂ©e Ă  84 734 262 (2011) avec une densitĂ© de 82 habitants/km2. L’ETHIOPIE reste un pays trĂšs rural malgrĂ© une rĂ©cente et rapide urbanisation. La population est composĂ©e d’une grande variĂ©tĂ© de groupes ethniques. AMHARAS et TIGREENS, peuples des hauts plateaux, en partie d’origine sĂ©mitique, reprĂ©sentent 32% de la population totale. Ils occupent essentiellement le Nord-ouest du pays. Les OROMOS, population pastorale et agricole, vivent principalement dans le Centre et le Sud-ouest de l’ETHIOPIE et reprĂ©sentent 40% de la population. A l’Ouest, de la frontiĂšre Ă©rythrĂ©enne jusqu’au lac TURKANA, rĂ©side le peuple SHANGALLA constituant environ 6% de la population. Enfin, l’Est et le Sud-est de l’ETHIOPIE sont occupĂ©s par le peuple SOMALI, lui aussi formant environ 6% de la population.

L’ETHIOPIE est divisĂ©e en 9 grandes rĂ©gions, respectant les diffĂ©rents groupes ethniques: rĂ©gions TIGRAY, AFAR, AMHARA, OROMO, SOMALI, BENICHANGOUL GOUMOUZ, GAMBELA, HARAR et NATIONS, NATIONALITES ET PEUPLES DU SUD. 40% de la population sont chrĂ©tiens, il s’agit majoritairement des peuples du nord du pays ; les rĂ©gions du Sud sont principalement musulmanes (45%) et animistes. La langue officielle, l’amharique, est parlĂ©e par plus de la moitiĂ© des habitants. On compte environ 70 dialectes.

Jusqu’en 1973, l’ETHIOPIE a Ă©tĂ© gouvernĂ©e par des monarchies successives, avec pour dernier empereur HAÏLE SELASSIE 1er, destituĂ© en 1974. Entre 1974 et 1987, l’ETHIOPIE fut dirigĂ©e par un gouvernement militaire provisoire, le DERG (PMAC: Provisional Military Administrative Council) avec pour chef officiel, MENGUISTU HAÏLE MARIAM (le « Negus Rouge Â»). Il mena une rĂ©bellion qui renversa le rĂ©gime de l’Empereur et gouverna pendant plus de 17 ans d’une maniĂšre rĂ©pressive sous un rĂ©gime de style marxiste (« terreur rouge Â»). CrĂ©Ă©e en 1977, l’Union des Organisations Ethiopiennes Marxistes-lĂ©ninistes fut dĂ©mantelĂ©e en 1984 et remplacĂ©e par le Parti des Travailleurs d’ETHIOPIE qui fonctionna en tant qu’unique parti jusqu’en 1991. Le Parti changea son nom en 1990 et devint le Parti Uni DĂ©mocratique Ethiopien.

En mai 1991, le gouvernement de MENGUISTU, marxiste-lĂ©niniste fut renversĂ© par des rebelles du Front RĂ©volutionnaire DĂ©mocratique du Peuple Ethiopien (EPRDF), dirigĂ© par MELES ZENAWI et plusieurs autres coalitions de rebelles, y compris le Front de LibĂ©ration Oromo (OLF) et le Front Populaire de LibĂ©ration TigrĂ©en (TPLF). Ces diffĂ©rents mouvements ont Ă©tabli un gouvernement de coalition, le gouvernement transitoire de l’ETHIOPIE.

Dans le mĂȘme temps, un gouvernement autonome a Ă©tĂ© Ă©tabli en ERYTHREE, jusqu’alors province de l’ETHIOPIE. AprĂšs un referendum en mai 1993, L’ERYTHREE proclama son indĂ©pendance et l’ETHIOPIE reconnue le nouveau gouvernement Ă©rythrĂ©en aprĂšs trente annĂ©es de guerre civile.

En juin 1994, les Ă©lecteurs Ă©thiopiens ont Ă©lu les reprĂ©sentants de l’AssemblĂ©e Constituante chargĂ©s de rĂ©diger une nouvelle Constitution. Celle-ci fut adoptĂ©e en dĂ©cembre, et en mai 1995, un nouveau corps lĂ©gislatif, le Conseil des reprĂ©sentants du peuple, fut Ă©lu. Le PrĂ©sident (actuellement Ato GIRMA WOLDEGHIORGIS), Ă©lu par le conseil des reprĂ©sentants du peuple, a des pouvoirs limitĂ©s. Le Premier Ministre (Ato MELES ZENAWI dĂ©cĂ©dĂ© le 20 aoĂ»t 2012 a Ă©tĂ© remplacĂ© par HAILEMARIAM DESSALEGN) dĂ©tient le pouvoir exĂ©cutif.

village

De nouveaux conflits Ă©thio-Ă©rythrĂ©ens ont surgi en mai 1998. A cette date, l’armĂ©e Ă©rythrĂ©enne occupa les zones de BADME et de ZALA AMBESSA (zones frontaliĂšres entre les deux pays). Durant huit mois, les initiatives diplomatiques ont primĂ© sur les opĂ©rations militaires mais en fĂ©vrier 1999, l’armĂ©e Ă©thiopienne a lancĂ© une offensive victorieuse sur BADME et y a rĂ©installĂ© l’administration du pays. Les affrontements se sont toutefois maintenus autour de ZALA AMBESSA. DĂšs le dĂ©but du conflit armĂ©, l’OUA essaya d’obtenir l’application de l’accord de paix entre les deux pays, une paix difficile Ă  nĂ©gocier. Ce n’est qu’aprĂšs deux ans de guerre que l’ETHIOPIE et l’ErythrĂ©e ont signĂ© un accord de cessation des hostilitĂ©s Ă  ALGER en juin 2000 mais les tensions demeuraient toujours entre les deux armĂ©es. Actuellement, il semble que les deux pays soient sur la voie de la paix, mĂȘme si la route reste encore longue. Les deux armĂ©es ont commencĂ© Ă  se replier. Le rĂ©sultat de ces deux longues annĂ©es de guerre est bien sĂ»r dĂ©sastreux pour l’un et l’autre pays. On compte des centaines de milliers de morts et de blessĂ©s, on peut imaginer l’étendue des dommages causĂ©s.

L’ETHIOPIE est un des pays les plus pauvres du Monde avec un PIB/habitant de 344,3 USD (2011) et un PIB global de 31,3 milliards de Dollars US. Les ressources principales et potentielles de l’ETHIOPIE sont la terre, l’eau, l’énergie hydroĂ©lectrique, le bĂ©tail, la forĂȘt, le minerai et le gaz naturel. 65% de la superficie du pays seraient de la terre arable. Les ressources en eau de l’ETHIOPIE sont immenses avec quatorze riviĂšres importantes dont le NIL BLEU, le GIBE, le BARO et le TEKEZE. Pour ce qui est des ressources animales, l’ETHIOPIE est en premiĂšre position parmi les pays africains et en dixiĂšme au niveau mondial. Les ressources forestiĂšres sont trĂšs menacĂ©es depuis le siĂšcle dernier : on estime que la forĂȘt couvrait 40% de la superficie du pays au dĂ©but du siĂšcle et qu’actuellement, elle n’en couvre plus que 3%. Le sous-sol renferme or, gaz naturel, fer, Ă©tain, lignite et potassium, richesses qui demeurent largement sous exploitĂ©es.

L’économie de l’ETHIOPIE prĂ©sente les caractĂ©ristiques des pays sous-dĂ©veloppĂ©s. En effet, elle dĂ©pend trĂšs largement des revenus du secteur primaire. L’Agriculture constitue Ă  elle seule plus de 41% du PIB et reprĂ©sente 90% des exportations. 86% de la population du pays est engagĂ©e dans le secteur agricole. Il s’agit d’une agriculture trĂšs peu dĂ©veloppĂ©e, aux mĂ©thodes traditionnelles (le tandem bƓuf-charrue est toujours l’outil dominant, l’utilisation d’engrais est trĂšs rĂ©duite), essentiellement destinĂ©e Ă  l’autoconsommation. Elle dĂ©pend grandement des pluies, seulement 1% des terres cultivĂ©es bĂ©nĂ©ficient de l’irrigation.

L’ETHIOPIE produit et exporte or, cafĂ©, coton, sucre, fruits et lĂ©gumes, huiles vĂ©gĂ©tales, cuirs et peaux. Le cafĂ© est l’exportation principale du pays, il reprĂ©sente 50% du total des bĂ©nĂ©fices de l’exportation. Les cĂ©rĂ©ales (tef, sorgo, maĂŻs
) sont essentiellement destinĂ©es Ă  la consommation nationale. Cependant, en 1984-1985, l’ETHIOPIE a traversĂ© des sĂ©cheresses pĂ©riodiques qui ont fortement rĂ©duit les rendements locaux et ont contraint le pays Ă  importer des produits alimentaires de base. De façon rĂ©currente, l’agriculture doit faire face aux sĂ©cheresses pĂ©riodiques, Ă  l’érosion des sols, au ravage des criquets migrateurs.

La production industrielle, encore trĂšs peu dĂ©veloppĂ©e (13% du PIB), est essentiellement orientĂ©e vers la transformation des produits agricoles. Le raffinement du pĂ©trole et la production de textiles viennent en deuxiĂšme et troisiĂšme position. Depuis les annĂ©es 1960, le secteur secondaire s’est dĂ©veloppĂ© avec la construction d’usines mĂ©tallurgiques et d’usines de production de biens de consommation. Addis Abeba est le principal foyer industriel du pays.

Nil bleuEn ce qui concerne l’énergie, l’ETHIOPIE prĂ©sente un riche potentiel, l’hydroĂ©lectricitĂ©, dont le trĂšs contestĂ© « barrage du millĂ©naire Â» est une illustration. Elle constitue la principale source de la production nationale d’électricitĂ© mĂȘme si celle-ci est assez dĂ©pendante des pluies. La gĂ©othermie fait l’objet de recherches prometteuses. L’énergie Ă©olienne est exploitĂ©e au travers de rĂ©alisations dans le TIGRE.

Les principaux pays partenaires de l’ETHIOPIE sont l’ALLEMAGNE, La CHINE, La BELGIQUE, l’ARABIE SAOUDITE, les ETATS UNIS, l’Italie et la FRANCE. Il est important d’évoquer les impacts nĂ©gatifs de la guerre civile sur l’économie du pays. Les problĂšmes structurels de l’économie associĂ©s aux effets de la guerre ont, en effet, portĂ© un frein majeur au dĂ©veloppement Ă©conomique du pays se manifestant par une importante dĂ©gradation du niveau de vie des Ethiopiens et une augmentation de la pauvretĂ©. En plus des consĂ©quences nĂ©fastes sur l’économie, la guerre civile a provoquĂ© la mort de centaines de milliers d’hommes (voire d’un million), elle a contraint des milliers de rĂ©fugiĂ©s Ă  fuir vers les pays voisins et des milliers de personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es et totalement dĂ©munies. 400 000 soldats ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s, des milliers de foyers ne se sont retrouvĂ©s qu’avec la mĂšre comme responsable et de nombreux enfants sont devenus orphelins, abandonnĂ©s, dĂ©laissĂ©s.

Toutefois, mĂȘme si le conflit avec l’ERYTHREE n’a pas encore trouvĂ© (2013) de solution dĂ©finitive, les armes se taisent depuis plus de 10 ans, ce qui a permis Ă  l’ETHIOPIE de faire venir de nombreux investisseurs et d’évoluer sur une courbe de dĂ©veloppement positive qui profite pour l’instant Ă  une partie encore trĂšs minoritaire de la population.

A cĂŽtĂ© de cela l’extrĂȘme pauvretĂ© ne fait que croĂźtre, atteignant la proportion alarmante de 60% de la population vivant en dessous du seuil de pauvretĂ©.

La pauvretĂ© en milieu urbain en ETHIOPIE est habituellement connue comme Ă©tant moins sĂ©vĂšre qu’en milieu rural. Cependant, la pauvretĂ© urbaine, spĂ©cialement dans la capitale, ne cesse de croĂźtre. Celle-ci s’explique par le contexte de pauvretĂ© nationale, surtout rurale. En effet, la plupart des migrants issus du milieu rural sont trĂšs pauvres, dĂ©munis et ne peuvent avoir accĂšs aux services sociaux de la ville.

L’accĂšs Ă  l’eau potable est faible, les donnĂ©es de Central Statistical Authority montrent que 15 % des mĂ©nages sont desservis en eau et 51,4% de la population urbaine ont un accĂšs public. 27,8% des logements reçoivent l’électricitĂ© et 59,6% des logements la partagent avec d’autres. 42% des logements urbains n’ont pas accĂšs Ă  des latrines convenables.Enfants

Les services de santĂ© sont trĂšs peu dĂ©veloppĂ©s. Il y a un mĂ©decin pour 38 365 habitants, un lit d’hĂŽpital pour 6 126 habitants, une infirmiĂšre pour 14 860 habitants et un dispensaire pour 24 482 habitants. Un enfant sur six meurt avant l’ñge de 5 ans, l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance n’est que de 53 ans pour les hommes et 58 ans pour les femmes. Les maladies endĂ©miques se propagent Ă  grande vitesse et sont responsables en partie d’une mortalitĂ© Ă©levĂ©e. Depuis ces deux derniĂšres dĂ©cennies, ces problĂšmes de santĂ© se sont fortement aggravĂ©s avec l’émergence et les effets du SIDA faisant de l’ETHIOPIE un des pays d’AFRIQUE le plus touchĂ© par le virus (deuxiĂšme rang aprĂšs l’AFRIQUE DU SUD). Pour la premiĂšre fois en 2012, le taux de prĂ©valence du virus du SIDA n’a pas augmentĂ©.

L’éducation en ETHIOPIE reste de trĂšs bas niveau. En effet, en 1952, seulement 4% des adultes Ă©taient lettrĂ©s. Depuis, de nombreuses Ă©coles ont Ă©tĂ© construites et de nombreux professeurs ont Ă©tĂ© formĂ©s. En 1979, un programme de rĂ©duction de l’illettrisme dans le pays fut mis en place. Cependant, les rĂ©sultats sont encore faibles, seulement 42% des adultes savent lire et Ă©crire. Le taux de scolarisation est d’environ 80% mais avec de trĂšs grandes disparitĂ©s entre les grandes villes et les zones rurales reculĂ©es. Il n’est pas rare que dans un petit village isolĂ© le taux d’analphabĂ©tisme soit de 100%.

Ainsi, cette pauvretĂ© qui menace le pays est le rĂ©sultat d’une longue et lourde pĂ©riode de crise socio-Ă©conomique et politique aussi bien liĂ©e Ă  une succession de catastrophes naturelles (sĂ©cheresses cycliques, famines) que de calamitĂ©s provoquĂ©es par les hommes (problĂšmes de la dĂ©forestation et de l’érosion des sols, guerre civile). Cela a bien sĂ»r Ă©tĂ© un frein au dĂ©veloppement du pays. Les annĂ©es 1973 et 1974 ont Ă©tĂ© marquĂ©es par une sĂ©cheresse prolongĂ©e au nord de l’ETHIOPIE et dans le BALE, le SIDAMO, le SHOA, le WOLLO et le GAMO GOFFA qui a contraint des centaines de milliers de paysans affamĂ©s et leurs familles Ă  gagner les centres urbains dans l’espoir d’obtenir l’aide des institutions gouvernementales. D’autres vagues de sĂ©cheresses ont touchĂ© le pays comme dans les annĂ©es 1984-85 ainsi que derniĂšrement (printemps Ă©tĂ© 2000) dans la rĂ©gion de l’OGADEN et au nord de l’ETHIOPIE.

Ce contexte de pauvreté que connaßt le pays se fait particuliÚrement ressentir au niveau de sa capitale, ADDIS ABEBA.

ADDIS ABEBA (= nouvelle fleur), capitale de l’ETHIOPIE fondĂ©e en 1887 par l’empereur MENELIK II, est situĂ©e gĂ©ographiquement au cƓur du pays Ă  une altitude moyenne de 2440 mĂštres, dans la rĂ©gion OROMO, et constitue le centre Ă©conomique, social et politique du pays. Elle est habitĂ©e par une population estimĂ©e officiellement Ă  2,5 millions d’habitants, mais dont les spĂ©cialistes conviennent qu’elle atteint 4 millions d’habitants. Cette capitale trĂšs Ă©tendue a pour superficie 540 km2 soit 5400 ha dont 18 km2 occupĂ©s par des fermiers. Elle est une ville carrefour oĂč se croisent toutes les grandes routes nationales.

Jusqu’en 1887, ADDIS ABEBA n’était qu’une de ces ketema, places fortes Ă©tablies aux frontiĂšres du royaume de MENELIK, roi du SHOA. Celui-ci y avait construit son Palais (Gebbi), sur un site de sources chaudes appelĂ© « FINFINNE » par les OROMOS. En 1889, MENELIK y fut couronnĂ© roi des rois, ADDIS ABEBA devint ainsi la nouvelle capitale de l’ETHIOPIE. Le fidĂšle conseiller Zurichois ALFRED HILG, puis ministre des Affaires Ă©trangĂšres de MENELIK II, prit une part importante dans le dĂ©veloppement de la capitale et contribua au rayonnement du pays Ă  l’étranger.

En 1917, une voie ferrĂ©e reliant ADDIS ABEBA Ă  DJIBOUTI fut construite par la Compagnie du chemin de fer franco-Ă©thiopien. De nombreuses maisons de commerce s’installĂšrent, ADDIS ABEBA devint centre politique et commercial du pays.Enfants 1

De 1936 Ă  1941, ADDIS ABEBA, dĂ©sormais capitale de l’AFRIQUE ORIENTALE ITALIENNE, fut occupĂ©e par les ITALIENS, lors de la conquĂȘte de MUSSOLINI qui fonda son « Impero ». Les ITALIENS en firent une ville nouvelle, spĂ©cialement avec la construction d’un rĂ©seau routier en Ă©toile reliant la capitale aux provinces du pays. Le rĂŽle centralisateur d’ADDIS ABEBA fut par consĂ©quent renforcĂ©.

L’empereur HAÏLE SELASSIE (1941-1974), avec la fondation du siĂšge de l’OUA en 1963, ainsi que le rĂ©volutionnaire MENGUISTU HAÏLE MARIAM (1974-1991), accentuĂšrent le mouvement de centralisation autour d’ADDIS ABEBA. Une fois au pouvoir, le DERG (1974) fractionna la ville en districts eux-mĂȘmes divisĂ©s en kĂ©bĂ©lĂ©s (quartiers). Aujourd’hui, avec le nouveau dĂ©coupage territorial instituĂ© par le gouvernement provisoire de transition, ADDIS ABEBA est une ville autonome (la rĂ©gion 14) fragmentĂ©e en 6 zones, 28 districts (woreda) et plus de 300 kĂ©bĂ©lĂ©s.

Toutefois, en 1991, le nouveau gouvernement de MELES ZENAWI, ancien leader du Front Populaire de Libération du Tigre (FPLT), réoriente son action vers la région du TIGRE, avec un programme de développement à MEKELE, capitale de la région. Plus tard, le Premier Ministre, rééquilibrera sa politique en se préoccupant davantage des autres régions et notamment du sud qui demeure toutefois trÚs en retard par rapport au reste du pays.

Extrait du mĂ©moire de maĂźtrise de gĂ©ographie sociale de Mme Claire RATSIRAHONANA BAYON sur le thĂšme des ‘Enfants de la rue d’Addis Abeba’ (actualisation fĂ©vrier 2013).